Partagez cet article
Alors que les collectivités territoriales font face à des contraintes budgétaires toujours plus fortes, la culture devient l’une des premières victimes de l’austérité. Après les régions, ce sont désormais les départements, les métropoles et les communes qui réduisent leurs subventions allouées aux structures culturelles.
En 2024, la région Pays de la Loire, sous l’impulsion de sa présidente Christelle Morançais, a amorcé un désengagement massif du financement culturel. Une tendance qui s’est propagée dans tout le pays, menaçant la viabilité des festivals, librairies, médiathèques, compagnies artistiques et associations culturelles.
La culture : compétence partagée, responsabilité diluée
La culture en France repose sur un modèle de co-financement, mêlant État et collectivités. Or, dans ce jeu de responsabilités partagées, personne ne semble prêt à assumer le rôle de garant.
Les effets sont déjà visibles :
- Des structures contraintes d’annuler leurs activités ou de mettre fin à des emplois.
- Des festivals en sursis.
- Une diminution de l’accès à la culture dans les territoires, notamment ruraux.
L’État, quant à lui, continue d’appliquer une logique de contrats pluriannuels, sans remise à plat des obligations de financement.
La « cartocrise » : un outil pour cartographier l’urgence culturelle
Pour documenter cette crise et alerter les décideurs publics, l’Observatoire des politiques culturelles (OPC) a lancé un outil inédit : une cartocrise.
Cette carte collaborative nationale permet aux acteurs du secteur (associations, artistes, structures patrimoniales, institutions du livre, etc.) de :
- Signaler les coupes budgétaires dont ils sont victimes.
- Témoigner des conséquences sur l’emploi et les activités.
- Rendre visible l’impact territorial de l’austérité sur la culture.
L’objectif : offrir une vision d’ensemble des répercussions des choix politiques, dans un secteur déjà fragilisé par les effets de la pandémie.
Un modèle à repenser d’urgence
Alors que les acteurs culturels tirent la sonnette d’alarme, la mise en péril des droits culturels devient un enjeu démocratique. Moins de moyens, c’est moins d’accès à la création, moins de diversité, moins de lien social.
Ce que révèle cette « cartocrise », c’est que la culture n’est plus un luxe, mais un marqueur d’égalité et de cohésion territoriale. Si la tendance actuelle se poursuit, c’est toute une génération d’artistes, de médiateurs et de citoyens qui risque d’en faire les frais.
🗺️ Contribuez à la cartocrise : Observatoire des politiques culturelles
🧭 Acteurs du livre et de la lecture : n’hésitez pas à faire entendre votre voix.