Partagez cet article
Les planches originales de la bande dessinée historique « La Bête est morte ! », œuvre du dessinateur Edmond-François Calvo et des scénaristes Victor Dancette et Jacques Zimmermann, ont rejoint les collections de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Grâce à un appel aux dons lancé en août 2024, ainsi qu’au soutien de 2 400 contributeurs et de grands mécènes, la somme de 875 000 euros a pu être réunie pour acquérir ces 77 planches originales.
Cette bande dessinée, publiée pour la première fois en 1944-1945 sous l’Occupation nazie, est une œuvre unique et engagée, racontant les événements de la Seconde Guerre mondiale sous la forme d’une fable animalière.
Une bande dessinée au message puissant
Derrière ses dessins animaliers colorés, « La Bête est morte ! » propose une vision marquante de la guerre :
- Les Français sont représentés par des lapins et des écureuils.
- Les Allemands, sous le régime nazi, prennent la forme de loups.
- Les Italiens fascistes sont incarnés par des hyènes.
L’œuvre décrit avec une précision saisissante les opérations militaires, la Résistance intérieure et extérieure, mais aussi les souffrances des civils, entre rationnement, exode, torture et massacres. Elle est également la première bande dessinée à évoquer la Shoah, illustrant les camps de concentration et d’extermination.
Un trésor patrimonial pour la BnF
La BnF, qui détient la plus grande collection de bandes dessinées en Europe, conserve désormais ces planches aux côtés des originaux d’« Astérix le Gaulois » donnés par Albert Uderzo, qui considérait Calvo comme son maître. Elles rejoignent un fonds de 120 000 albums, dont 9 000 disponibles en accès libre et gratuit.
Cette acquisition représente une reconnaissance majeure du rôle de la bande dessinée dans l’histoire et la mémoire collective. « La Bête est morte ! », avec sa puissance visuelle et son message universel, reste un témoignage poignant du XXe siècle, désormais préservé pour les générations futures.